Santé des femmes : les bases financières que nous négligeons

Avertissement.Cet article est publié à titre informatif uniquement et ne constitue en aucun cas un conseil financier, juridique ou fiscal. Il s'appuie sur des expériences concrètes et des analyses professionnelles afin de vous aider à mieux comprendre vos décisions financières.

Dernière mise à jour : mercredi 30 septembre 2026

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Qu'est-ce que la santé des femmes ?

La santé des femmes ne se limite pas à la santé reproductive. Elle ne se résume pas à la fertilité, aux hormones ou à l'hygiène intime.

La santé des femmes désigne l'état physique et mental global dans lequel se trouve une femme — à chaque étape de sa vie — ainsi que la manière dont cet état influe sur sa capacité à travailler, à gagner sa vie, à s'épanouir et à mener la vie qu'elle se construit.

Cette définition est importante, car la plupart des discussions restent superficielles. Elles restent confinées dans l'armoire de la salle de bains. Elles restent dans le cabinet du gynécologue. Elles ne se répercutent jamais sur la feuille de calcul, sur la fiche de paie, sur la promotion manquée, ni sur le jour de congé maladie sans indemnité.

Pourquoi la santé des femmes occupe-t-elle une place importante dans votre écosystème financier ?

Car votre corps est le moteur de toutes vos sources de revenus. Lorsque votre santé devient imprévisible, vos revenus, votre présence et vos projets à long terme le deviennent également. La santé n'est pas un sujet secondaire. La santé est le fondement sur lequel repose tout le reste de votre vie financière.

Mon histoire

J'avais environ quatre ans quand on m'a diagnostiqué pour la première fois un « rhumatisme ». Je ne pense pas que quiconque dans ma famille ait vraiment compris ce que cela signifiait. Ce qu'ils ont compris, et ce qu'ils m'ont répété pendant des années, c'est que j'étais une enfant fragile.

Cette étiquette ne m'a jamais semblé logique. Je faisais du sport. J'étais actif. J'ai vécu mon enfance comme n'importe quel enfant plein d'énergie. Mais le mot « faible » m'est resté collé à la peau, car un diagnostic que personne ne m'a expliqué est plus facile à transformer en trait de personnalité qu'en réalité médicale.

Puis j'ai eu mes premières règles vers l'âge de treize ans, et c'est là que les choses sont devenues difficiles d'une autre manière.

La douleur était constante. Ni occasionnelle, ni supportable — constante. Les saignements étaient suffisamment abondants pour être qualifiés d’hémorragie, et ils provoquaient une anémie qui m’épuisait d’une manière qui n’avait rien à voir avec la paresse. Ma vision en était affectée. Ma capacité à mener une vie normale au quotidien en était affectée. Ce n’était pas « une période difficile ». C’était mon corps en crise, tous les mois, pendant des années.

Et voici ce qui a déterminé tout ce qui a suivi : ma famille m’a dit que c’était normal. Toutes les femmes de notre famille avaient vécu la même chose, donc c’était tout simplement ça, être une femme.

Je tiens à le dire clairement, car j’ai mis bien trop de temps à me le dire à moi-même : banaliser la douleur, ce n’est pas normal. Ce n’est pas parce que les femmes avant vous ont enduré quelque chose en silence que cela devait forcément être enduré. Parfois, ce qui est transmis comme une tradition est en réalité un diagnostic que personne n’a jamais reçu.

Il m’a fallu plus de trente ans — et un véritable investissement, tant en temps qu’en argent — pour commencer à me sentir mieux. Pas pour être complètement « guérie ». Juste pour me sentir mieux. Cela impliquait de rechercher des médecins et des spécialistes qui soient réellement disposés à m’écouter, au lieu de me répéter les mêmes propos dédaigneux que j’avais entendus toute ma vie. Cette recherche n’était pas gratuite. Elle m’a coûté des consultations, des deuxièmes avis, des examens et des années d’essais et d’erreurs avant que je ne trouve des soins qui considèrent ma douleur comme réelle.

Au fil du temps, j’ai manqué des journées de travail que je n’ai jamais pu rattraper. J’ai manqué des réunions où j’aurais dû être au meilleur de ma forme, alors que je me contentais de tenir le coup. J’ai manqué des moments en famille — une réunion, une conversation, une présence à part entière — parce que j’étais ailleurs, occupée à gérer mon corps au lieu de vivre ma vie.

C’est justement ce dont on ne parle pas. Un diagnostic posé dès l’enfance que personne ne t’explique, suivi d’une décennie de souffrances considérées comme une tradition plutôt que comme un problème médical, ne te prive pas seulement de confort. Cela te prive d’opportunités. Cela te prive de revenus. Cela te prive de la vie que tu aurais pu mener si ton corps — et ton entourage — avaient réagi différemment.

La leçon financière

Cette expérience m'a appris une chose sur laquelle je fonde désormais toute ma philosophie : la santé ne peut être dissociée de l'argent.

La santé est l'infrastructure sur laquelle repose l'économie.

Lorsque vous êtes en mauvaise santé — que ce soit de manière chronique, invisible ou sous des formes que personne n'a encore diagnostiquées —, les répercussions financières se font sentir dans des domaines que l'on n'associe pas spontanément à la santé :

  • Jours de congés non payés, ou des congés que vous n'avez pas pris parce que vous aviez peur de…

  • Des promotions que vous n'avez pas saisies parce que vous n'étiez pas sûr que votre corps tiendrait le coup

  • Des opportunités auxquelles tu as dit non, discrètement, sans jamais expliquer pourquoi

  • La charge mentale liée à la gestion des rendez-vous, des consultations chez les spécialistes et des symptômes, en plus d'un emploi à temps plein

  • Le sentiment d'isolement que l'on ressent lorsqu'on est physiquement présent aux événements familiaux, mais absent sur le plan émotionnel

Rien de tout cela n'apparaît dans un tableur de budget. Mais tout cela finit par apparaître sur votre compte bancaire, tôt ou tard.

C'est pourquoi je ne fais plus la distinction entre la santé et la planification financière. C'est pourquoi je n'attends pas un diagnostic pour prendre mon corps au sérieux en tant que variable financière. Votre santé n'est pas une question personnelle que l'on gère discrètement en marge. C'est un facteur financier dont il faut tenir compte dans votre planification, au même titre que le loyer, les dettes ou les revenus.

Un message spécial à l'attention des femmes noires

Cette partie mérite qu'on lui consacre un espace à part, car les données sont claires, et la clarté est une garantie de sécurité.

En tant que femme noire, j’ai grandi en entendant parler de la tolérance à la douleur comme s’il s’agissait d’une sorte de médaille d’honneur : nous sommes capables d’en supporter plus que n’importe qui d’autre. Cette croyance n’est pas un compliment. Elle est fausse et dangereuse, surtout lorsqu’elle influence la manière dont les soins médicaux nous sont prodigués.

Les femmes noires ne se contentent pas de souffrir de maladies. Elles vivent ces maladies au sein d’un système de santé qui, trop souvent, réagit plus lentement, les croit moins et considère leur souffrance comme moins crédible.

Appelons un chat un chat.

Les chiffres le confirment, à tous les niveaux. Aux États-Unis, les femmes noires sont confrontées à des taux de mortalité maternelle environ trois fois plus élevés que les femmes blanches — et c’est le seul groupe dont le taux ne s’est pas sensiblement amélioré ces dernières années. Ce schéma se répète dans le domaine de la santé cardiovasculaire, où une majorité de femmes noires souffrent d’hypertension artérielle et sont exposées à un risque nettement accru d’accident vasculaire cérébral lorsqu’elles développent cette affection à un jeune âge. Et il se répète encore dans le cas de pathologies douloureuses chroniques telles que l’endométriose, où des décennies de préjugés cliniques — notamment la fausse croyance selon laquelle les femmes noires ressentent ou tolèrent la douleur différemment — ont entraîné des retards plus importants dans le diagnostic et le traitement.

Ce phénomène ne se limite pas aux États-Unis. En France, l’association « Tant que je serai noire » a partagé les conclusions de son rapport de recherche intitulé « Santé pour toutes », rédigé par la sociologue Marie Rivière à partir de plus d’une centaine de témoignages de femmes noires et de personnes noires appartenant à des minorités de genre.

Un constat : 40 % des femmes noires ont déclaré avoir changé de médecin en raison de violences médicales subies lors d’une consultation. Le rapport souligne également qu’en France, contrairement à certains autres pays, il n’existe pas de collecte officielle de données sur la discrimination raciale dans le domaine de la santé — ce qui signifie que ce type de mauvais traitements quotidiens et systémiques reste statistiquement invisible.

C'est précisément pour cette raison que j'ai abordé ce sujet dans cet article : que vous ayez affaire au système américain ou au système français, le principe sous-jacent est le même, même si les formalités administratives qui l'accompagnent semblent différentes.

(Les sources de toutes ces informations sont répertoriées à la fin de cet article, si vous souhaitez approfondir le sujet.)

Ce n’est pas que « les femmes noires tombent plus souvent malades ». C’est qu’elles sont moins écoutées. Et le fait d’être moins écoutées se traduit par une hypertension artérielle non traitée, un risque accru d’AVC, une mortalité maternelle plus élevée et des années de souffrance considérées comme normales — ce qui est exactement ce qui s’est passé dans ma propre famille, génération après génération.

Si vous êtes une femme noire qui lit ces lignes et qu’on vous a déjà dit que votre souffrance était normale, que vous exagériez, que c’était sans doute dû au stress… je tiens à ce que vous sachiez que ce phénomène porte un nom, et qu’il n’est pas le fruit de votre imagination. Les données le confirment.

C’est pourquoi la résilience financière, en particulier pour les femmes noires, doit inclure la culture sanitaire et la défense de ses droits en matière de santé parmi les compétences financières essentielles. Savoir comment obtenir un deuxième avis, comment consigner ses symptômes, comment se défendre dans un contexte où l’on ne vous croit pas d’emblée — ce n’est pas seulement une compétence en matière de santé. C’est une compétence de protection financière.

Nous sommes de plus en plus nombreux à enfin prendre la parole

Il y a une chose qui me donne vraiment de l'espoir : de plus en plus de femmes noires prennent la parole et s'expriment ouvertement sur leurs symptômes, ainsi que sur ce qu'elles ont dû endurer au sein d'un système de santé qui a mis du temps à les croire.

Cette visibilité est essentielle. Chaque femme qui déclare publiquement : « On a minimisé ma douleur, et voici ce qu’elle était réellement », rend un peu plus difficile pour la femme suivante de se voir dire que sa douleur est normale. Cela transforme une expérience individuelle et isolée en un schéma collectif et documenté — ce qui est précisément ce qui pousse les hôpitaux, les chercheurs et les décideurs politiques à réagir. Le militantisme ne va pas de pair avec la résilience financière. Il fait partie intégrante de la manière dont nous réduisons, collectivement, le délai entre l’apparition des symptômes et le diagnostic pour les femmes qui viendront après nous.

Quelques mots sur la Guadeloupe et la Martinique

Cette discussion ne serait pas complète sans évoquer un sujet qui me touche de près : la situation sanitaire en Guadeloupe et en Martinique, d’où je suis originaire.

Les problèmes de santé y sont très répandus, et pas seulement en raison de situations individuelles. Il existe de réels problèmes sociaux et systémiques. Mais il y a aussi une plaie environnementale qui bénéficie rarement de l'attention qu'elle mérite : le chlordécone.

En résumé : le chlordécone était un pesticide utilisé dans les plantations de bananes en Guadeloupe et en Martinique pendant près de deux décennies, même après qu’on eut établi qu’il s’agissait d’un cancérigène. Il ne se décompose pas : on le retrouve encore aujourd’hui dans le sol et dans l’eau, et la grande majorité de la population en porte toujours des traces dans le sang. Ces deux territoires affichent des taux de cancer parmi les plus élevés au monde, ainsi que des taux élevés de plusieurs autres pathologies graves, et les premières recherches suggèrent que ces effets pourraient même se transmettre aux enfants et petits-enfants qui n’y ont jamais été directement exposés. (Sources complètes en bas de cet article.)

C’est ce que j’entends quand je dis que la santé ne peut être dissociée du contexte systémique et environnemental. Une femme en Guadeloupe ou en Martinique confrontée à une maladie inexpliquée peut subir les conséquences d’une décision prise par un gouvernement et une industrie, des décennies avant sa naissance. Ce n’est pas un échec personnel dans la gestion de sa santé. C’est un fardeau financier et sanitaire dont elle a hérité, tout comme on peut hériter d’une dette ou d’un bien immobilier — sauf que personne ne l’appelle ainsi.

C’est précisément pour cette raison que je ne dissocie pas la santé de l’écosystème financier, et que je ne considère pas les difficultés sanitaires d’une famille comme un simple coup du sort isolé. Parfois, ce qui semble être « notre famille n’est tout simplement pas en bonne santé » est en réalité le résultat cumulé d’une eau contaminée, de systèmes de santé en sous-effectif et de générations de symptômes ignorés — tous ces facteurs se manifestant au sein d’une même lignée et d’un même budget.

Pourquoi la santé fait l'objet d'une ligne distincte dans mon budget annuel

La santé ne figure pas parmi les dépenses diverses de mon budget. Elle dispose de sa propre rubrique, chaque année.

Cette décision ne sortait pas d’un manuel de finance. Elle était le fruit de trois décennies passées à payer — en temps, en argent, en revenus perdus — pour un corps qui avait été ignoré au lieu d’être diagnostiqué. La santé est un pilier extrêmement important de mon budget, et maintenant que je suis mère, elle compte encore davantage. Je ne gère plus mes capacités pour moi seule. Elles sont liées à une autre personne qui dépend de moi.

J'ai déjà évoqué les dépenses spécifiques qui ont discrètement diminué dès lors que j'ai commencé à prendre ma santé au sérieux, en en faisant une catégorie à part entière de mon budget, et non plus une simple considération secondaire. « Quand le fait de prendre soin de moi a discrètement réduit mes dépenses ».

Dans l'épisode 2, intitulé « Ce que l'orque m'a appris sur les difficultés financières », j'explore également plus en détail comment mon état de santé a été l'un des facteurs directs ayant contribué à une période de précarité financière dans ma propre vie .

Les problèmes de santé évoluent au fil des différentes étapes de la vie

Le profil de risque financier de votre ménage n'est pas figé. Il évolue au fil des différentes étapes de la vie, et votre planification financière doit s'adapter en conséquence.

  • La vingtaine et les premières années de carrière — C'est souvent à cette période que les symptômes sont attribués au stress, voire complètement ignorés, car on ne peut pas se permettre de lever le pied. C'est également à ce moment-là que la compréhension du fonctionnement de l'assurance maladie et la constitution d'un fonds d'urgence revêtent une importance capitale, car c'est probablement à ce stade que l'on dispose de la marge de manœuvre financière la plus réduite.

  • Les années de fertilité et de constitution d'une famille — Que vous envisagiez ou non d'avoir des enfants, cette période est souvent celle où les frais de santé sont les plus élevés et où les employeurs comme les prestataires de soins émettent les hypothèses les plus intrusives concernant votre corps.

  • La quarantaine et la périménopause — Une période souvent négligée et sous-diagnostiquée, au cours de laquelle la fatigue, les sautes d’humeur et les symptômes physiques sont considérés comme de « simples signes de vieillissement » au lieu de faire l’objet d’un examen approfondi.

  • La vieillesse et les années de dépendance — Là où les dépenses de santé recoupent directement la planification de la retraite, les responsabilités liées à la prise en charge d’un proche et l’écosystème qui vous entoure (voir notre article sur les soins aux personnes âgées en tant que prolongement de votre écosystème financier familial).

À chaque étape, la question est la même : qu’adviendra-t-il de mes revenus, de mes projets et de ma stabilité si mon corps ne parvient plus à suivre le rythme sur lequel j’ai construit ma vie ?

Cadre pratique : intégrer la santé dans votre plan financier

Questions de réflexion à méditer :

  1. Qu'adviendrait-il de mes revenus si je ne pouvais pas travailler pendant un mois ? Ai-je droit à des congés payés, à une couverture en cas d'invalidité ou à un fonds d'urgence qui couvrirait cette situation ?

  2. Ai-je un historique documenté de mes symptômes ? Non pas pour prouver quoi que ce soit à qui que ce soit, mais pour me protéger au cas où je devrais un jour faire valoir mes droits pour obtenir un diagnostic ou faire une demande d'indemnisation.

  3. Ai-je pris en compte le coût réel de mes soins de santé — primes d'assurance, consultations chez des spécialistes, médicaments, thérapies — comme un poste budgétaire à part entière, et non comme un élément secondaire ?

  4. Ai-je l'habitude de demander un deuxième avis ? Suis-je prêt(e) à persévérer lorsqu'un professionnel de santé ne prend pas mes symptômes au sérieux, même si c'est épuisant ?

  5. Dans quelle mesure mes revenus dépendent-ils du fait que mon corps fonctionne à 100 % chaque jour, sans aucune marge de manœuvre en cas de maladie ? Qu'est-ce que cela m'apprend sur la fragilité réelle de mon projet actuel ?

Mesures concrètes à prendre :

  • Constituez ou renforcez votre fonds d'urgence en tenant compte spécifiquement des problèmes de santé, et pas seulement de la perte d'emploi.

  • Vérifiez bien ce que votre employeur propose réellement en matière de congés maladie, d'invalidité de courte durée et de couverture santé mentale — la plupart des femmes n'ont jamais lu l'intégralité du règlement.

  • Si vous êtes confronté(e) à une affection non diagnostiquée, tenez un journal simple de vos symptômes en y indiquant la date. Cela vous protège tant sur le plan médical que financier.

  • Prévoyez un budget pour les soins préventifs, et pas seulement pour les soins d'urgence. Repousser un bilan de santé à cause de son coût revient souvent plus cher par la suite.

  • Si vous êtes indépendant ou travaillez dans l'économie des petits boulots, intégrez le coût de vos « jours de maladie » dans vos tarifs. Vos revenus devraient déjà tenir compte des jours où votre corps ne vous suivra pas.

C'est pourquoi j'ai créé le « Guide pratique des 200 questions »

C'est précisément pour cette raison que le « Guide pratique des 200 questions » a été conçu.

Car si je m'étais posé les bonnes questions plusieurs décennies plus tôt — sur mon corps, mes capacités, mes limites, ma situation financière —, je n'aurais pas attendu trente ans pour investir en moi-même. Je me serais lancée plus tôt.

Établir un budget de manière réfléchie ne se résume pas à gérer vos factures, votre épargne ou vos objectifs. Cela commence par une question plus difficile : investissez-vous d’abord en vous-même, avant toute autre chose ? Pas après avoir payé vos factures. Pas après avoir répondu aux besoins de tout le monde. En premier lieu.

Pour moi, cela signifiait consacrer de l’argent et du temps à ma propre santé avant que la situation ne devienne critique. Cela signifiait considérer mon corps comme une priorité financière, et non comme une préoccupation secondaire à laquelle je ne m’intéressais que lorsqu’il me restait un peu d’argent. Le « Guide des 200 questions » vous accompagne dans cette réflexion, pilier par pilier, afin que vous n’ayez pas à attendre aussi longtemps que moi pour vous poser les questions qui comptent vraiment.

Cela s'intègre à l'ensemble de votre écosystème financier

Votre santé ne va pas de pair avec votre situation financière, et il en va de même pour votre plan financier.

La santé est le fondement. C'est autour d'elle que s'articule votre écosystème financier: la famille, la culture, le travail et les relations qui influencent vos décisions financières, votre résilience financière, ainsi que les mécanismes qui vous permettent de vous adapter lorsque la vie prend un tournant inattendu.

Si une maladie vous a déjà contraint à compter financièrement sur votre partenaire, cela rejoint directement les discussions que nous menons sur l’argent et les relations, ainsi que sur l’équité 50/50 au sein d’un couple — car un fardeau sanitaire inégal se transforme souvent en un fardeau financier inégal, discrètement, sans qu’aucun des deux partenaires ne le mentionne ouvertement.

Et si vous devez vous occuper de la santé de vos parents âgés en plus de la vôtre, ce n’est pas un problème à part. C’est le pilier « Parents et frères et sœurs » de votre écosystème qui entre en jeu : le point où votre santé, la leur et vos finances se rejoignent dans un même budget.

Commençons par le principe de base : votre santé est un actif financier.

Foire aux questions

La santé des femmes se résume-t-elle uniquement à la santé reproductive ?

Non. La santé des femmes englobe les maladies chroniques, la santé mentale, les changements hormonaux, les maladies auto-immunes, ainsi que les aspects financiers liés à tout cela. La santé reproductive n'est qu'une partie d'un ensemble beaucoup plus vaste.

Pourquoi la santé est-elle considérée comme faisant partie de l'écosystème financier plutôt que comme un sujet à part entière ?

En effet, votre capacité à gagner votre vie, à être présent et à mener à bien vos projets dépend directement de votre forme physique et mentale. Les problèmes de santé entraînent des difficultés financières, même si personne ne les désigne ainsi.

Pourquoi les femmes noires sont-elles confrontées à davantage de retards de diagnostic ?

Les préjugés avérés au sein du système de santé — notamment l’idée reçue selon laquelle les femmes noires ressentent moins la douleur ou la supportent mieux — ont entraîné des retards accrus dans le diagnostic et le traitement de nombreuses pathologies, notamment l’endométriose et les complications liées à la santé maternelle. Ce phénomène ne se limite pas à un seul pays : des données américaines le mettent en évidence dans les domaines de la mortalité maternelle et des soins cardiovasculaires, tandis qu’une étude française menée par « Tant que je serai noire » a révélé que 40 % des femmes noires avaient changé de médecin en raison de mauvais traitements médicaux.

Que puis-je faire si je n'ai pas de diagnostic mais que je sais que quelque chose ne va pas ?

Tenez un journal de vos symptômes, n’hésitez pas à demander un deuxième avis sans vous sentir coupable, et constituez-vous un fonds d’urgence en partant du principe que vous pourriez devoir faire face, sur le plan financier et pas seulement médical, à une maladie non diagnostiquée.

En quoi une maladie chronique influe-t-elle sur la planification financière à long terme ?

Cela a une incidence sur la stabilité des revenus, l'évolution de carrière, les besoins en matière d'assurance et le montant du fonds d'urgence. Un plan financier qui ne tient pas compte des aléas liés à la santé est un plan incomplet.

Cet article s'adresse-t-il uniquement aux femmes confrontées à un diagnostic ?

Non. Les revenus de chaque femme dépendent des capacités de son corps, qu’elle ait ou non déjà reçu un diagnostic médical. Cela vaut pour toute personne qui construit son avenir financier en s’appuyant sur un corps qui ne fonctionnera pas à 100 % éternellement.

Conclusion

La santé n'est pas un pilier que l'on coche une fois pour toutes avant de passer à autre chose. La santé est le fondement sur lequel tout le reste repose.

À quatre ans, on m’a traitée de « faible » à cause d’un diagnostic que personne ne m’a expliqué. À treize ans, on m’a dit que les douleurs incessantes et les hémorragies faisaient tout simplement partie de la condition féminine. Il m’a fallu plus de trente ans, et beaucoup d’argent, pour trouver des personnes prêtes à m’écouter vraiment. J’ai manqué des jours de travail et je ne peux plus reprendre ma vie comme avant. J’ai manqué des moments avec ceux que j’aime. Et j’ai continué à gérer mon budget, à planifier, à être présente, parce que je ne comprenais pas encore que ma santé devait faire partie intégrante de ce projet, et non pas en être une interruption.

Si vous êtes une femme noire à qui l'on a déjà dit que votre souffrance était normale, sachez que ce n'était pas le cas. Et votre plan financier devrait tenir compte d'un système qui pourrait vous obliger à vous battre davantage pour que l'on vous croie.

Maintenant que je suis mère, ce n'est plus seulement ma leçon à moi. Cela fait partie de ce que je construis pour mon enfant, et pour toutes les femmes qui lisent ces lignes et qui ont été confrontées au même silence que moi.

Investissez d'abord en vous-même. Pas après avoir payé vos factures, ni après tout le monde. D'abord. C'est justement pour cela que le « Guide des 200 questions » existe : pour que vous posiez les questions sur votre corps et vos capacités avant que la vie ne vous y oblige.

Votre corps ne peut être dissocié de votre argent. C'est grâce à votre corps que votre argent existe.

Protégez-le comme il se doit.

Votre histoire compte — Racontez-la en toute confiance

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Sources et lectures complémentaires

Disparités en matière de santé chez les femmes noires :

  • CDC / March of Dimes — Données de 2024 sur la mortalité maternelle par origine ethnique : marchofdimes.org

  • American Heart Association — Prévalence de l'hypertension et risque d'AVC chez les femmes noires : newsroom.heart.org

  • American Heart Association — Troubles de la tension artérielle liés à la grossesse et écart de mortalité : heart.org

  • Essence — de nouvelles recommandations cliniques mettant en évidence les préjugés raciaux dans la prise en charge de l'endométriose : essence.com

  • HealthCentral — Comment le diagnostic de l'endométriose diffère chez les femmes noires : healthcentral.com

  • « Tant que je serai noire » — Publication Instagram partageant le rapport « Santé pour toustes » sur le racisme médical à l'encontre des femmes noires en France : instagram.com

Le chlordécone en Guadeloupe et en Martinique :

  • The Lancet — Intoxication au chlordécone dans les territoires français des Antilles : thelancet.com

  • Pulitzer Center — « Des vies empoisonnées aux Antilles françaises » : pulitzercenter.org

  • Inside Climate News — La Guadeloupe et la Martinique demandent des comptes à la France : insideclimatenews.org

  • ScienceDirect — Effets transgénérationnels et épigénétiques de l'exposition à la chlordécone : sciencedirect.com

Avertissement. Ce contenu est publié à des fins éducatives et informatives uniquement. Il s'appuie sur une combinaison des éléments suivants :

  • expérience vécue

  • expérience professionnelle dans le domaine de la finance et de la fiscalité

  • des situations réelles observées ou racontées en toute confiance

Certains détails peuvent avoir été modifiés afin de préserver la vie privée, mais les enseignements qui en découlent restent valables. Ce contenu ne constitue en aucun cas un conseil financier, d'investissement, fiscal ou juridique, et ne doit pas se substituer à un conseil professionnel adapté à votre situation particulière. Chaque situation financière est unique. Ce qui a fonctionné — ou n'a pas fonctionné — dans un contexte donné peut ne pas s'appliquer à un autre. Vous devez toujours tenir compte de votre situation personnelle, de vos responsabilités et de vos objectifs avant de prendre des décisions financières. Cette plateforme est conçue pour vous aider à :

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Ingrid Francisque

Ingrid Francisque est la fondatrice d'AfroBudgetinGirl, une plateforme d'éducation financière qui vise à aider les particuliers et les familles à renforcer leur résilience financière. Forte de plus de 20 ans d'expérience dans le domaine de la fiscalité des entreprises et de la finance, elle allie son expertise professionnelle à son expérience de terrain pour vous aider à Budgéter avec Intention et à éviter les écueils financiers. Découvrez mon profil.

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